Claude LESBATS

Claude LESBATS, Jacques Rivière à l’école du monde : les bases de la « culture N.R.F. » > 43


Soucieuse de sauvegarder le rôle de l’intelligence, attachée à maintenir une tradition française qui après 1918 n’allait pas sans un chauvinisme qu’elle partageait avec les milieux dont pourtant elle tenait à se démarquer, La N.R.F. rencontrait sur sa route des jeunes gens qui souhaitaient tout renverser et mettre à bas en particulier l’armature intellectuelle de l’édifice ancien déjà endommagé par le premier conflit mondial. Parce que La N.R.F. et le mouvement surréaliste se sont opposés, on a pris l’habitude d’opposer La N.R.F. et le mouvement surréaliste. Sans doute leur affrontement fut violent ; sans doute, les hommes des deux groupes avaient des tempéraments, des convictions profondément contraires. Pourtant, on peut être tenté d’y regarder d’un peu plus près : d’abord, du côté des surréalistes, des études permettent de voir que derrière l’affirmation de rupture se cache un lien entre eux et le monde des idées de la fin du XIXe siècle. Certains, à La N.R.F., avaient d’ailleurs été sensibles à cette filiation, dont ils tirèrent argument contre les surréalistes. Du côté de La N.R.F., si l’on fait abstraction de certaines personnalités qui dans la querelle du Parti de l’Intelligence se sont résolument rangées du côté de la tradition mais qui, malgré leur stature, paraissent isolées dans ces années vingt, du fait de l’orientation vigoureuse donnée par Rivière à la revue, on a pu observer une tendance à vouloir concilier l’héritage du passé et les préoccupations des modernes, un refus volontariste de la nostalgie : s’agissant des surréalistes, certains textes sont suffisamment ambigus et subtils pour imposer la circonspection. C’est sur eux que nous nous pencherons pour tenter de percevoir les limites de ce fameux « classicisme » de La N.R.F.


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