Béatrice TURPIN

Béatrice TURPIN, Les mots du corps > 243

 

We intend to study what slang can teach us about the imaginative world of its speakers, and about their way of considering reality, because imagination is also a part of our approach to reality.Our study concerns two distinct periods of slang in France, particularly in the language of the people we study: the people of Paris in the late nineteenth and early twentieth centuries and young suburban people nowadays.

 

L’argot intéresse le linguiste en tant que pratique langagière. À cet égard, l’étude du langage porte tant sur ce qui fait que l’argot est une pratique comme une autre qu’à sa spécificité. C’est surtout le point de vue fonctionnel qui peut permettre de déterminer cette spécificité de l’argot : celle-ci réside dans son caractère cryptique et ludique – identitaire également – et, aujourd’hui, contestataire : le locuteur conteste une société en déstructurant sa langue, mais aussi en se l’appropriant, en y mettant sa marque. L’argot témoigne ainsi toujours de représentations partagées socialement.

 

I. Pourquoi étudier l’argot

 

La première réponse qui vient à l’esprit est de dire que l’argot fait partie de la langue, de son fonctionnement normal. L’argot se retrouve dans toutes les langues, partout, dans la rue, au cinéma, dans la littérature – quoiqu’on ne puisse parler d’un argot, mais de plusieurs argots – car l’argot est le langage propre à une communauté. À cet égard, son entrée dans la langue standard marque sa sortie de la sphère étroite de sa communauté d’origine.

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