Sándor KISS

Sándor KISS, La haute mer et ses contours : le classicisme de Supervielle> 83

 

Comme l’indique ce titre, l’emploi du terme « classicisme » ne signifie

aucunement ici une quelconque évocation de l’Antiquité gréco-latine, mais,

bien plutôt, certains principes et techniques de la formulation poétique, qui,

sans être énoncés explicitement, ne laissent pas de guider tel créateur vers la

limpidité et l’équilibre prônés par les esthétiques « classiques » – quel que soit

le contexte social et artistique concret où elles émergent. Jules Supervielle

apparaît bien comme un auteur qui – après une longue période de

tâtonnement – a choisi de se soumettre, tant pour la composition de ses poèmes

que pour les aspects extérieurs de leur forme, à une sobre discipline contrastant

avec les aspirations de la plupart de ses contemporains. Si l’on ajoute que la

meilleure partie de son oeuvre est sous-tendue par une sorte de gravité réfléchie

et que le côté tragique de l’existence n’y est pas escamoté, mais seulement

humanisé par la modération du langage et comme recouvert d’un voile pudique,

on se sentira proche d’un certain classicisme français, que l’on aime à saisir à

travers les paroles des Législateurs, tel cet avertissement de Boileau : « Surtout

qu’en vos écrits la langue révérée │ Dans vos plus grands excès vous soit

toujours sacrée. »

 

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