Gábor MIHÁLYI

Gábor MIHÁLYI, L’ambition suprême – écrire de grands romans> 117

 

En 1938, il y a donc près de soixante dix ans Déry mettait un point final à La Phrase inachevée,

son premier grand roman. Je n’ai pu le lire qu’en 1947,

l’année de sa publication. Le premier volume de Réponse, son autre grand

roman qui devait en comporter quatre, a vu le jour en 1950. Il a été suivi deux

ans plus tard, en 1952, par un second volume. C’est donc il y a plus de

cinquante ans que j’ai pu prendre connaissance de cette tentative de Déry

d’évoquer, dans ce dernier roman, la tragédie de la seconde guerre mondiale,

la libération, la victoire historique de la gauche et du parti communiste

hongrois, et les péripéties de l’édification du socialisme en Hongrie, autant

d’événements que, naturellement, l’auteur ne pouvait prévoir dans les années

30, lorsqu’il travaillait à La Phrase inachevée.

Les années trente étaient l’époque des romans monumentaux, dont les

exemples les plus admirables nous sont fournis par la littérature française du XIXe

siècle, La Comédie humaine de Balzac et Les RougonMacquart

de Zola. La recherche a permis de montrer que, pour ce qui est de La Phrase inachevée, les

principales sources d’inspiration de Déry ont été deux grands romans du

XXe siècle, À la recherche du temps perdu de Proust et La Montagne magique de

Thomas Mann. On serait plus embarrassé pour indiquer les modèles de

Réponse ; son échec, cependant, nous rappelle la tentative de Roger Martin du

Gard de dépasser Les Thibault par les Mémoires du lieutenantcolonel

Maumort, ce roman de famille dont l’action devait se prolonger jusqu’à nos

jours.

 

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