ASPECTS DIVERS DE LA POÉTIQUE MALLARMÉENNE

Yvonne GOGA, La femme dans l’univers poétique mallarméen > 185


Dans des termes différents, les exégètes considèrent qu’à la base de l’érotisme mallarméen se trouve les obsessions de ses deuils (la perte de la soeur et de la mère) qui creusent une distance entre l’objet de l’amour et le sentiment1. Sans approfondir les acquis de la psychocritique ou de la psychobiographie et loin du biographisme on peut voir dans ces tragédies de la vie de Mallarmé surtout la source de sa crise spirituelle. Cela est évident à partir de ses poèmes de jeunesse, réunis sous le générique Poèmes d’enfance et de jeunesse, où le poète évoque ces pertes (Sa fosse est creusée !, Sa fosse est fermée) tout en révélant son obsession de la mort.

L’amour est inséparable de la mort. Celle-ci ne constitue plus chez Mallarmé la menace du bonheur comme chez les romantiques mais l’évidence de la solitude de l’être humain comme dans le poème Sa fosse fermée qui finit par ce cri déchirant :

Couche-m’y, sombre mort, je ne sais vivre seul !

La mort est aussi la preuve de l’impuissance de l’homme à dépasser son destin implacable, ce qui le transforme en victime ridicule de l’illusion. L’amour qu’un enfant trop sensible porte à sa soeur et à sa mère, frustré par l’absence des êtres chéris, idéalise sans doute les images des disparues et implicitement l’image de la femme. On pourrait donc voir là l’origine de la quête mallarméenne de l’Idéal5. Dans ce sens on peut citer le début du poème L’Enfant prodigue :

Chez celles dont l’amour est une orange sèche

Qui garde un vieux parfum sans le nectar vermeil,

J’ai cherché l’Infini qui fait que l’homme pèche.

 

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