Élisabeth CHALIER-VISUVALINGAM

Élisabeth CHALIER-VISUVALINGAM, Divagation indienne. Les Contes Indiens de Mallarmé > 149

 

Nous voudrions montrer comment la circonstance d’une réécriture, celle des

Contes et Légendes de l’Inde Ancienne de Mary Summer, par Mallarmé sous le titre Les Contes Indiens, participe pleinement à son OEuvre. L’ouvrage de circonstance se révèle, en effet, intuition philosophique. L’esquisse de poétique comparée entre la poétique sanscrite et la poétique mallarméenne s’inscrit dans cette perspective. « L’Inde splendide et trouble » pour Mallarmé s’est révélée signe.

Introduction : circonstance d’une réécriture

Les Contes Indiens furent composés en 1893 mais publiés seulement en 1927. Dans la préface des Contes Indiens (Paris, Carteret, 1927, p. 7), l’éditeur, Le Dr. Bonniot (gendre de Mallarmé) se demande d’où Mallarmé a tiré ces récits :

Quoique tarde le plaisir de la lecture même, on doit maintenant se demander : à quelles sources l’auteur a-t-il puisé ? Question, de solution moins facile. Doute qu’il sût le sanscrit ; croyons plutôt que l’inspiration lui vint des adaptateurs nombreux des légendes orientales, souvent reproduites à travers les ans par les Eugène Burnouf, les Foucaux, les Hippolyte Fauche, les Lancereau, les Mary Summer, etc., s’il n’a eu recours aux traductions anglaises, premières leçons européennes de plusieurs entre ces contes.

En fait, on sait que Mallarmé fréquentait le salon de Madame Méry Laurent dont les liens avec le poète étaient très forts. Or c’est durant une réception dans ce salon que Madame Méry Laurent lui demanda de corriger ou plutôt de réécrire les Contes Indiens de Mary Summer (Mary Summer, Contes et légendes de l’Inde ancienne, Paris, Leroux, 1878). Mallarmé choisit quatre contes parmi les sept contes du volume de Mary Summer : Le meurtrier par amour filial qu’il intitula Le Portrait Enchanté, La Fausse Vieille, Le Mort Vivant, Nala et Damayantî. Mallarmé arracha les pages correspondantes de Mary Summer et réécrivit les contes à sa manière.

Cuénot qui a publié un article dans le Mercure de France du 15 novembre 1938 précise dans la note 19 de son article : « Nous gardons par une pieuse curiosité l’exemplaire mutilé qui revient au Docteur Fournier et que celui-ci nous a donné ».

L’éditeur de ces Contes a annoté La Fausse Vieille par ces mots : « Texte revu par Mallarmé » ; Le Mort vivant et Nala et Damayantî par « arrangé et réécrit par Stéphane Mallarmé ». (indications données p. 1607 dans les OEuvres Complètes).

 

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