Fernando NAVARRO

Fernando NAVARRO, Poésie et traduction : l’œuvre de Mallarmé en espagnol > 87

 

La découverte de S. Mallarmé en Espagne

D’après les recherches menées par Alfonso REYES (1932) « Mallarmé en castellano » les premières traductions des poésies de S. Mallarmé en espagnol datent de la fin du XIXe. Les premiers poèmes sont publiés en espagnol par Guillermo Valencia, à Bogotá, en 1898 et Leopoldo Díaz, à Buenos Aires, en 1901. En Espagne, les traducteurs des premiers poèmes de Mallarmé se nomment Enrique Díez-Canedo, Fernando Fortún et Eduardo Marquina (Madrid, 1907) et Fernando Maristany (Valencia, 1916). Reyes nous donne, dans l’article mentionné ci-dessus, la liste de plus de vingt traducteurs latino-américains et espagnols de Mallarmé ; ils ont traduit plus de trente poèmes, parfois identiques, parmi lesquels : Apparition, Brise Marine, L’Azur, Les fenêtres, etc.

La poésie française du XIXe et du début du XXe était bien connue en Espagne dès le début du siècle et, surtout, autour des années vingt. Apollinaire (1918) nous rappelle que

L’esprit nouveau qui dominera le monde entier ne s’est fait jour dans la poésie nulle part comme en France... Les Français portent la poésie à tous les peuples...En Espagne, et surtout en Catalogne, où toute une jeunesse ardente ...suit avec attention les productions de nos poètes... 

La présence d’écrivains français en Espagne dans cette période, que ce soit pour donner des conférences ou pour des séjours plus ou moins longs contribue à la découverte de la poésie. Tel est le cas de Valéry Larbaud qui habite Alicante entre octobre 1916 et mai 1920 et fait la connaissance de nos grands écrivains de l’époque : Azorín, Gabriel Miró, Machado, etc. Du côté espagnol, les témoignages ne manquent pas. Nos écrivains Pardo Bazán en 1916, Ortega y Gasset ainsi que le critique littéraire Díez-Canedo, en 1921, purent témoigner de cette influence qui était, paraît-il, loin d’être négligeable : No nos indignemos por los influjos de Francia, sobre todo porque apenas podemos recibir otros...Huimos de Francia y con Francia nos encontramos en todas partes

Notre grand poète Juan Ramón Jiménez soulignait en 1913, dans un entretien avec J. Guerrero Ruiz :

La lírica francesa moderna es una de las mejores y ejerce necesariamente su influjo en todos los poetas de hoy... 

Mais durant la période 1924-1930 (d’après A. Blanch, 1976) les traductions de livres de poésie française étaient rares. Baudelaire et Verlaine étaient les seuls à être traduits, les autres (dont Mallarmé) étaient peu connus ; les quelques poésies traduites étaient publiées dans des revues de poésie spécialisées pour un public cultivé.

 

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