Heather WILLIAMS

Heather WILLIAMS, Mallarmé dans la critique littéraire galloise > 109

 

Introduction

Stéphane Mallarmé jouit d’un prestige extraordinaire un siècle après sa mort, nul besoin de le répéter dans le cadre de ce colloque ; mais c’est un prestige aux facettes multiples. A ne prendre que la tradition française à titre d’exemple, on s’aperçoit très vite qu’il existe plusieurs Mallarmé : celui des Symbolistes, comme celui des Surréalistes, celui de Jean-Paul Sartre tout comme celui de l’OULIPO, un Mallarmé témoin de son temps aussi bien qu’un autre Mallarmé, produit du Paris de mai 1968. C’est dire que nous ne le connaissons pas sans arrière-plan, mais par le truchement d’un siècle de lecteurs ; et cela est encore plus vrai dans le cas des Mallarmé de l’étranger. Ainsi, à la question de la métamorphose de Mallarmé par le temps, s’ajoute celle de ses métamorphoses dans les cultures étrangères. Si l’analyse du rôle du poète dans la culture qui l’adopte nous renseigne évidemment sur celle-ci, et sur ses interprètes, elle nous révèle aussi un autre Mallarmé, parce qu’un porte-parole impartial est aussi rare qu’une traduction littéraire impartiale.

Mon sujet ici sera Mallarmé tel qu’il est connu dans la tradition galloise, et je m’appuierai sur l’exemple de deux porte-parole celtes : Saunders Lewis et Euros Bowen. Avant d’entrer dans les détails d’une étude de cas, rappelons-nous que le Pays de Galles est loin d’être le seul pays à être charmé par le Paris de cette époque mallarméenne, et par ses écrivains ; il est clair que la fin de siècle française a eu prise sur les Anglais, les Américains, et les Russes, entre autres : le Paris fin de siècle était plus qu’une capitale géographique, il était capitale de la culture. Mais un tel charme est plus puissant encore dans le cas d’une littérature qui cherche à se réinventer : pensons au rôle de Paris dans l’oeuvre de Marinetti et le futurisme italien ; ou encore, pour remonter les siècles et inverser l’exemple, pensons au rapport entre les littératures française et italienne à Lyon, à l’époque de la Renaissance.

 

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