Jacques LEMARINEL

Jacques LEMARINEL, Mallarmé et le théâtre européen > 15


Selon Paul Valéry, « Mallarmé vivait pour une certaine pensée : une oeuvre imaginaire absolue, but suprême, justification de son existence, fin unique et unique prétexte de l’univers l’habitait »1. La poursuite d’un Idéal est aussi ce qui l’a animé dans le domaine du théâtre, illustration d’une quête poétique jamais satisfaite. Pour que le théâtre ne reste pas un fantôme, un rêve inaccessible, nous avons choisi dans une perspective historique de rattacher Mallarmé à ceux qui ont approché son idéal et l’ont parfois réalisé. Il a interrogé la mémoire du théâtre, recherchant dans le passé de quoi nourrir son rêve : nous pourrons, en nous appuyant sur ses écrits et en particulier sur Crayonné au théâtre, découvrir ses admirations, depuis les sources grecques jusqu’à l’opéra de Wagner, en passant par le théâtre de Shakespeare et la figure emblématique d’Hamlet. Puis nous examinerons ses rapports avec le théâtre de son temps à travers son activité de critique dramatique et son intérêt pour un auteur comme Maeterlinck, mais aussi en rappelant quelle a été son ambition créatrice, illustrée par Hérodiade. Nous verrons pour finir que la notion d’influence a joué dans les deux sens : si l’exemple grec et celui d’Hamlet ont puissamment sollicité son imaginaire, Mallarmé a eu à son tour des héritiers, directs ou indirects, avec des auteurs et des metteurs en scène du vingtième siècle. Afin de préciser son influence sur la postérité, un exemple s’imposera, celui de l’écrivain portugais, Fernando Pessoa. En adoptant cette perspective historique pour notre étude, nous souhaitons avoir une vue plus large que celle adoptée habituellement, qui situe Mallarmé par rapport au théâtre symboliste. Nous aimerions ainsi contribuer à lui donner sa véritable place dans une histoire du théâtre européen.


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