MALLARMÉ ET L'ÉTRANGER

Anne DUCREY, Mallarmé en Russie : l’aventure symboliste ou le Don du poème > 57


En Russie, le nom de Mallarmé est associé à une des pages les plus brillantes de la poésie russe, le symbolisme, qui écrit les premiers chapitres de ce que les histoires littéraires nomment le « siècle d’argent », par référence à l’âge d’or qu’a si brillamment incarné Pouchkine quelques décades plus tôt. Dès lors que l’on aborde le symbolisme russe, on ne peut manquer d’être frappé par les références à Mallarmé, relativement nombreuses, que l’on rencontre dans les oeuvres poétiques et théoriques à l’aube du XXe siècle. Traduction, citation, mention d’un titre, la présence mallarméenne dans les lettres russes appartient à la Renaissance poétique, mais d’une manière très particulière, qui pose la question de ce colloque, celle de sa « traductibilité » dans une langue étrangère. En effet, si les mentions de Mallarmé sont nombreuses, les traductions le sont moins, et tentant de traduire littéralement le réseau d’images, elles sont dans le meilleur des cas simplement médiocres. Cette présence paradoxale que nous évoquerons à grands traits ne va pas empêcher Mallarmé de devenir une sorte d’« éminence grise » des recherches poétiques russes au début du siècle, recherches qu’il habitera, guidera même par l’intermédiaire de quelques-uns de ses grands lecteurs et traducteurs, qui élaboreront une poétique personnelle à partir de ce qu’ils comprendront des vers du poète français.

 

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