Zsuzsa SIMONFFY

Zsuzsa SIMONFFY, L’écriture géogrammatique ou Un coup de dés québécois > 169

 

Introduction

Le titre de ma communication donne lieu à penser qu’il s’agit d’une mise en parallèle de deux poètes. Loin de là. Au lieu de livrer des analyses contrastives au sens strict du terme, je préfère élargir mon propos sans la moindre prétention à l’exhaustivité. Voici la façon dont j’organiserai mon propos.

Dans la première partie de mon exposé, j’introduirai d’abord quelques remarques méthodologiques concernant l’intertextualité et ensuite un bref aperçu sur la poésie québécoise en rapport avec la notion de modernité.

Dans la deuxième partie, j’esquisserai quelques stratégies poétiques que j’appellerai dans l’ordre, stratégie de l’obscurité, stratégie du Livre, stratégie de l’aléatoire, stratégie de la mort, chacune en correspondance avec Jacques Brault, Paul Chamberland, et Claude Gauvreau, respectivement. Parmi ces stratégies, j’accorderai une importance capitale à la poétique de Paul Chamberland.

Remarques méthodologiques

Celui qui se voue à l’étude de la poésie québécoise se rend compte immédiatement de la présence de Mallarmé. Seulement, cette présence apparaît sous diverses formes à partir des effets de citation en passant par les effets de calque jusqu’aux renvois indirects, sans parler de champs lexicaux organisés autour de certains noyaux sémantiques comme écriture, parole, livre.

Mais comment mettre de l’ordre dans cet amalgame de données ? Au niveau de l’empirique, nous ne sommes pas en mesure d’extraire des critères pour établir un certain ordre justement à cause de la diversité infinie des données. Le quasi-même de la différence peut faire l’effet d’un phénomène d’interférence culturelle ou il peut être réduit à une position théorique. Nombreux sont les ouvrages qui tentent de montrer comment une influence s’exerce, par la recherche scientifique de la biographie de l’auteur. Ce qui risque de forcer à tout prix une relation de cause à effet même là où il n’y en a pas. Or, ce quasi-même de la différence est nécessairement réduit à une considération théorique. J’opterais pour une position a priori théorique admettant un principe organisateur dans la notion d’intertextualité.

Je trouve qu’elle est doublement une notion opératoire dans la mesure où :

1/ elle permet de voir qu’au niveau du texte, il n’y a ni début, ni fin – d’où l’impossibilité de ramener une oeuvre jusqu’à ses sources : identifier une source présuppose un début et une fin, cependant, ils ne sont valables qu’au niveau de la fiction. S’il n’y a ni début, ni fin, seulement des signes intertextuels qui nous mettent assidûment en présence d’autres textes, alors cette forme contribue magistralement à assurer la présence du texte dans la construction du sens et par conséquent, a tenance à affaiblir une illusion référentielle. Au lieu de suggérer des influences et des sources, elle permet d’expliquer le texte par d’autres textes en fonction du mode d’insertion.

 

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