Márton NÁRAY-SZABÓ

Márton NÁRAY-SZABÓ, Quelques remarques sur la définition du phrasème > 71

 

Introduction

Au cours des 50 dernières années le concept de « phrasème »1 a subi des changements sensibles dans la pensée linguistique. Bien que la condition communément admise du « figement » fasse partie de l’héritage des grands prédécesseurs comme BALLY (« fixité »)2 et d’autres, et que le « sens global » et le « caractère usuel » des phrasèmes n’aient jamais été contestés depuis BRÉAL3, il va de soi que dans une branche aussi jeune de la linguistique, dont les chercheurs étaient relativement peu nombreux avant les années 1960, il y a un certain nombre de tentatives pour « redéfinir » la phraséologie en y ajoutant des modifications (GREIMAS 1960, GUIRAUD 1961, COSERIU 1966, POTTIER 1969, REY 1977). Pourtant, ce n’est que dans les années 1980 que toute une série d’ouvrages de synthèse ont vu le jour dans des pays différents concernant le sujet : FÓNAGY 1982, Maurice GROSS 1982 et 1988, BURGER 1982, RUWET 1983, REY 1985. Cette question a été analysée en détail par BÁRDOSI dans sa dissertation (1990), et qui, lui aussi, propose une définition du phrasème. Pendant les dix dernières années, d’autres auteurs ont entrepris de prendre position mais n’ont pas pu compléter le tableau concernant la délimitation de la discipline (HADROVICS 1995, G. GROSS 1996, BURGER 1998, COWIE 1998, MEL’ČUK 1998). Ayant considéré tout cela, j’ai jugé nécessaire de faire dans la présente étude des recherches sur la « définition les phrasèmes ».

J’ai donc visé dans mon étude à dresser l’inventaire des différents facteurs mentionnés par les auteurs en essayant de les harmoniser et, en même temps, de les confronter. Tout cela pour savoir quelles sont les « conditions nécessaires » pour qu’on puisse parler de phrasème. Par condition nécessaire, j’entends une partie des traits qui sont « minimalement » indispensables pour la définition (du point de vue logique), et qui, en même temps, « excluent » tout ce qui n’entre pas dans le domaine.

Les définitions

Pour prendre en compte tous les « traits caractéristiques » des phrasèmes, j’ai examiné un certain nombre d’ouvrages qui contiennent – à mon avis – des aspects remarquables et originels. Donc je n’ai pas énuméré – comme BÁRDOSI (1990) – les auteurs en esquissant l’essentiel de leurs idées, mais j’ai plutôt rassemblé les idées, c’est-à-dire les traits essentiellement propres aux phrasèmes, auxquels j’ai ajouté quels étaient les auteurs qui les avaient formulés et sous quel(s) terme(s).


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