Gergely ANGYALOSI

Gergely ANGYALOSI, « …nous échouons à traduire entièrement ce que notre âme ressent. » Pensée, langage et liberté individuelle dans la philosophie du jeune Bergson> 105


La citation que j’ai choisie pour titre de mon intervention se trouve dans une oeuvre dont l’influence exercée sur la pensée (et, n’oublions pas d’ajouter : sur la littérature) européenne de notre siècle est difficile à exagérer. Il s’agit de la thèse de doctorat d’Henri Bergson intitulée Essai sur les données immédiates de la conscience, publiée en 1889. L’auteur avait trente ans à cette époque-là ; il avait devant lui toute une série d’oeuvres devenues célèbres ultérieurement. Peut-être ces dernières laissent-elles dans l’ombre cet ouvrage de jeunesse qui, pourtant, contient déjà presque tous les traits caractéristiques de cet événement spirituel extraordinaire, que nous nommons aujourd’hui bergsonisme. Mais on pourrait aller encore plus loin pour dire que l’importance historique de la philosophie de Bergson a commencé à s’obscurcir depuis les années trente et cette lignée descendante ne pouvait pas même être rompue par les travaux des philosophes et des historiens si éminents comme Hyppolite ou Jankélévitch, Deleuze ou Vieillard-Baron. Certes, les experts des courants déterminants de l’histoire de la philosophie occidentale de notre siècle n’ignorent pas la présence des idées bergsoniennes derrière et dans les oeuvres qui sont, encore aujourd’hui, au premier plan de la pensée philosophique européenne. Mais tout cela semble rester une affaire de spécialistes et, la plupart du temps, nous continuons à penser à Bergson comme à un penseur d’une époque révolue.


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