Pierre GLAUDES

Pierre GLAUDES, Jeux de langage et symbolique dans La Cathédrale de Joris Karl Huysmans > 17


À Patrick Marot

Rien ne sert de le nier, La Cathédrale – qui fond dans un même creuset l’essai esthétique, le guide pour pèlerins et le roman spirituel – accentue une tendance de 1’écriture huysmansienne, laquelle fait peser sur 1’oeuvre le risque de 1’illisibilité1 : les descriptions, les informations érudites, les réflexions esthétiques et spirituelles y prolifèrent au détriment du récit, qu’elles saturent au point d’en rendre la lecture « pas mal pénitentielle ». Durtal et ses amis ecclésiastiques passent le plus clair de leur temps à décrire, expliquer, évaluer les inépuisables beautés de Notre-Dame-de-Chartres, ce « texte de pierre » (IX, p. 1693), immense et mystérieux, dont le symbolisme leur inspire de savantes exégèses.

Cette curiosité herméneutique, qui s’épanouit en dissertations d’une rare prolixité, a pour contrepartie la ténuité de 1’intrigue et sa torpidité. L’absence de tension dramatique est encore accentuée par 1’évanescence des personnages secondaires, ces paroissiens exemplaires pour lesquels le monde, en dehors de leurs pieuses conversations, ne semble pas exister. Le lecteur qui voit souvent son intérêt faiblir est ainsi condamné à d’interminables tunnels, lorsque Durtal énumère par exemple, en des pages assez ingrates, le sens allégorique « de vertus ou de vices prêté aux plantes » (X, p. 196) ou qu’il passe en revue « 1a faune symbolique du Moyen Âge » (XIV, p. 284). Bloy, que la malveillance rend perspicace, n’a pas son pareil pour souligner les faiblesses du roman.

 

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